Cycle des auditeurs : une seconde session consacrée à la lutte contre les déterminismes territoriaux

Publié le 05 novembre 2020

Le 13, 14 et 15 octobre derniers s’est déroulée la seconde session du cycle annuel des auditeurs de l’IH2EF, au sein de l’académie Grand-Est à Nancy et Metz.

 

Les territoires de ces deux villes s’insèrent dans l’ancienne région Lorraine, qui elle-même s’intègre dans l’actuelle construction du Grand Est. C’est un ensemble récent (4 ans) et très disparate. L’ancienne région Lorraine est une région frontalière avec trois pays différents, la Belgique, le Luxembourg et l’Allemagne. Ancienne « terre de métal et de combats », la Région Grand Est, en fort redéveloppement territorial se prête donc bien à la thématique de cette session consacrée à la lutte contre les déterminismes territoriaux.
 C’est par l’accueil chaleureux du Recteur de la région académique Grand-Est, Jean-Marc Huart, que les auditeurs ont pu entamer leur session de travail. L’occasion pour eux de profiter d’un regard à la fois institutionnel et de terrain des particularités territoriales et des dispositifs associés en Moselle et en Lorraine.

Jean-Marc Huart a souligné un territoire très contrasté marqué par trois déterminismes, la démographie, la pauvreté et la ruralité. Il n’y voit cependant pas une fatalité et pense que l’action de la région académique doit être volontariste pour rendre les territoires attractifs tout en mettant en commun tous les moyens sur un territoire. Pour Fabienne Blaise, rectrice déléguée à l’enseignement supérieur, à la recherche et à l’innovation, la difficulté réside dans la recherche d’un équilibre entre  « excellence » et « proximité ».
Les séances plénières de la matinée ont été clôturées brillamment par Antony Kuhn, directeur de l’IAE de Nancy qui a développé une approche du territoire vu comme une « action collective territorialisée », en renouant le fil de deux siècles d’histoire de la relation Etat-territoires en France.

Le groupe s’est alors déplacé sur le site d’ARTEM, lieu hautement symbolique de la reconquête du centre-ville dans un contexte de démilitarisation et de désindustrialisation de Nancy.  Le rapport entre l’enseignement supérieur et les territoires a été interrogé par les auditeurs au travers de l’examen d’un concept novateur, ARTEM, reposant sur une alliance interdisciplinaire et interinstitutionnelle (4 collectivités publiques, trois ministères de tutelles) complexe. Une  convergence d’opportunité a associé d’une part les collectivités territoriales, engagées dans un réaménagement urbain rendu indispensable par la désindustrialisation, puis la démilitarisation de la ville, et d’autre part trois grandes écoles en recherche de solutions immobilières : l’Ecole des Mines de Nancy, ICN Business School et l’Ecole Supérieure d’Arts et de Design de Nancy.

Au cœur d’ARTEM, une implantation du CROUS a permis d’organiser un déjeuner de travail où les auditeurs ont pu écouter un bref exposé d’Yves Habran, ICN Business School & Cerefige, sur « des dispositifs transdisciplinaires d’apprentissage et de recherche ». Au cours du déjeuner ils ont pu par exemple interroger François Werner, vice-président de la métropole du Grand Nancy et du conseil régional Grand Est sur sa vision des enjeux pour le territoire. Ces déjeuners de travail, de même que celui du lendemain au Lycée Hôtelier Raymond Mondon, ont été une excellente occasion pour les auditeurs de nouer de relations privilégiés avec leurs hôtes du Grand Est.

 L’après-midi les auditeurs ont pu se confronter aux propos de François Rousseau, directeur général des Mines de Nancy ainsi que d’Eliott Cellier vice-président du BDE sur leurs visions d’une action sociale pour impacter le territoire, à travers notamment du dispositif des cordées de la réussite, ou encore ARTEM fête la science.
Les propos de David Gégonne, professeur affilié de l’ICN Business School et directeur exécutif délégué au sein de Grand Nancy Innovation ont permis d’apporter de la contradiction dans ce décor idyllique. En effet celui-ci, responsable d’un atelier ARTEM inter-écoles s’étonne de la difficulté après près de 7 ans à faire coopérer les administrations des trois écoles, ne serait-ce que sur des questions d’emploi du temps…

Le lendemain matin, c’est au cœur d’un quartier politique de la ville de Metz,  au collège des Hauts de Blémont  que les auditeurs ont examiné les motivations du maintien de ce collège  au cœur du quartier, interrogé les acteurs du réseau scolaire sur leur construction d’une école de la bienveillance et échangé sur l’intérêt d’un partenariat avec l’université. Il s’agissait d’interroger la capacité de la politique d’éducation prioritaire à corriger l’impact des inégalités sociales.

Les travaux de l’après-midi ont permis de questionner la capacité de l’appareil de formation à être un instrument de lutte contre les déterminismes territoriaux.  Les responsables et acteurs de 3 campus des métiers et des qualifications, présents sur le département de la Moselle ont apporté leur expérience et ont répondu avec enthousiasme et précisions aux auditeurs.

Enfin, de retour à Nancy, les auditeurs ont été reçus par le maire, Mathieu Klein. Avant de répondre de manière très précise à leurs questions, il a développé son analyse des déterminismes territoriaux de la ville et décrit sa politique de lutte : Du point de vue de la mixité sociale, mais aussi du point de vue de l’accès au plus grand nombre à la dimension européenne que donne la position de la ville.