“Littéraires” ou “scientifiques” ? Les élèves face à la division sociale des savoirs et aux inégalités scolaires

Publié le 11 juin 2020

Clémence Perronnet, Université Catholique de l'Ouest (UCO), Équipe PESSOA
Dans le champ scolaire, la distinction entre sciences et lettres n'est pas récente. Les réformateurs de l’école du 19e siècle considéraient que les disciplines scientifiques étaient plus accessibles aux nouveaux publics populaires de l’école, car plus indépendantes de la culture légitime classique attachée aux humanités qui était l’apanage des classes favorisées, jusqu’alors seules scolarisées.
       

L'auteure analyse les pouvoirs prêtés aux sciences (ascension sociale, vecteur de progrès) et les pouvoirs effectifs des sciences telles qu’elles se pratiquent actuellement dans l’institution scolaire. Elle fait le constat que les disciplines "scientifiques" et "littéraires" n’ont pas la même valeur. La possibilité pour les jeunes de développer des aspirations scientifiques qui les mèneront vers des filières puis des carrières en sciences, qui sont les plus valorisées, est inégalement répartie socialement. Les rapports sociaux de genre et de classe produisent des inégalités scolaires et sociales qui tiennent certains enfants à distance des filières scientifiques. La culture scientifique, fréquentée tant à l’école que pendant les loisirs, joue un rôle dans ces différences de possibilité d’accès aux sciences. Les enfants sont en effet confrontés aux représentations stéréotypées des sciences que véhiculent les curriculums scolaires, les émissions de vulgarisations, les musées... Autant d’images des sciences qui contribuent à les aliéner aux filles et aux élèves des classes populaires.

Consultez la contribution de Clémence Perronnet (pdf 240 Mo) publiée dans l'ouvrage coordonné par Isabelle Algrain, Isis Klasen et Valérie Lootvoet Éducation, égalité, scolarité. Quand l'école se donne un genre. Université des Femmes, 2019.