Organisé avec la direction de l’encadrement, la DGESCO, la DGRH, la DEPP et l’IGÉSR, le séminaire a permis d’aborder plusieurs enjeux majeurs des politiques éducatives nationales. Alternant séances plénières, tables rondes et ateliers en constellations, ces deux journées visaient à partager des analyses, confronter les expériences de terrain et renforcer les capacités de pilotage au cœur des territoires. Édouard Geffray, ministre de l’Éducation nationale, s’est associé à ce rassemblement dédié aux grandes priorités des Dasen pour la rentrée 2026.
Accompagner les équipes et renforcer le pilotage territorial
Hervé Tilly, directeur de l’IH2EF, a accueilli les participants et rappelé les ambitions de ce rendez-vous structurant : inscrire l'action des Dasen dans une culture de l'accompagnement et de l'initiative
. Une orientation qui s’inscrit dans la continuité des travaux conduits par l’Institut autour du leadership scolaire et de l’affirmation du pouvoir d’agir des cadres.
En ouverture, Caroline Pascal, directrice générale de l’enseignement scolaire, a souligné le rôle stratégique des Dasen dans la conduite des politiques éducatives : La maille départementale est essentielle, vous êtes au cœur de votre territoire
. Face aux réalités contrastées des départements, elle a insisté sur la nécessité d’adapter les réponses publiques aux besoins locaux et de construire une vraie offre territoriale de l’éducation anticipée, en lien avec les acteurs et services de proximité
.
"Collèges en progrès" et santé mentale : des enjeux de pilotage
L’accompagnement des établissements était au centre de plusieurs séquences du séminaire, notamment autour de la démarche "Collèges en progrès". L’objectif : soutenir les établissements qui concentrent les situations de plus grande difficulté scolaire, à partir d’un diagnostic partagé et de réponses construites à partir des réalités de terrain et des indicateurs locaux.
Pour Caroline Pascal, les Dasen jouent un rôle déterminant dans cette dynamique : Vous êtes les seuls à pouvoir optimiser les moyens placés au service de la difficulté scolaire
. Les échanges ont mis en avant la nécessité d’un pilotage articulant accompagnement de proximité, leadership pédagogique et diffusion des pratiques efficaces à l’échelle des territoires.
Autre sujet largement abordé : la santé mentale des élèves. Notre constante est de faire réussir dans les meilleures conditions possibles ; parmi ces conditions, il y a la santé
, a rappelé Caroline Pascal, alors que plusieurs interventions ont souligné la dégradation de la santé mentale des jeunes et l’importance des politiques de prévention, de repérage et d’accompagnement.

Penser l’école des territoires dans un contexte de transformation
La seconde journée du séminaire était consacrée à "l’École des territoires", dans un contexte marqué par la baisse démographique et les mutations des usages éducatifs.
Rappelant que l’École est le clocher de la République
, Édouard Geffray, ministre de l’Éducation nationale, a insisté sur la nécessité de penser l’école comme un levier d’aménagement du territoire : La France possède le maillage territorial de l’école le plus fin d’Europe
. Face à une baisse démographique de 1,7 million d’élèves d’ici 2035, il a appelé à anticiper les évolutions à venir. Évoquant également l’impact de l’intelligence artificielle et les transformations du rapport au savoir, le ministre a rappelé que dans cet environnement mouvant, l’élasticité du système repose sur les personnels et leur capacité à s’y adapter
. Face aux mutations en cours, il a appelé les cadres à se projeter dans l’avenir avec confiance : Nous avons la chance de pouvoir construire l’avenir du service public d’éducation : s’inscrire dans un tel projet est galvanisant
.
Temps fort de cette journée, la table ronde consacrée aux nouveaux enjeux territoriaux a réuni Valérie Baglin-Legoff, rectrice de Limoges, Antoine Jouenne, maire adjoint de Châtillon, co-président de la commission éducation de l’association des maires de France (AMF), Charles Giusti, préfet de la Vienne, Éric Fardet, inspecteur général de l’éducation, du sport et de la recherche, chargé du suivi des Territoires éducatifs ruraux au niveau national, et Édouard Geffray, ministre de l’Éducation nationale.

Magda Tomasini, directrice de la DEPP, a présenté en préambule les projections d’effectifs scolaires à horizon 2035, désormais déclinées au niveau départemental afin d’outiller les stratégies locales. Les échanges ont ensuite mis en lumière la nécessité d’inscrire les décisions relatives à la carte scolaire dans une approche davantage concertée et pluriannuelle, intégrant les enjeux de mobilité, d’aménagement et de vitalité des territoires. Les intervenants ont également souligné l’importance de penser l’action publique à l’échelle des bassins de vie et des intercommunalités, dans une logique de coopération renforcée entre les acteurs éducatifs, les élus et les services de l’État. Une dynamique qui suppose de faire évoluer les méthodes de pilotage et de développer de nouvelles compétences en animation de collectifs et en coordination territoriale.
Des cadres attendus sur la conduite du changement
En filigrane de l’ensemble des échanges, c’est bien le rôle des Dasen comme pilotes de proximité qui s’est dessiné. Qu’il s’agisse de soutenir les équipes pédagogiques, d’anticiper les évolutions démographiques, de conduire le dialogue avec les élus ou de porter les grandes priorités éducatives nationales, les interventions ont souligné la nécessité d’un pilotage à la fois stratégique, territorial et humain.
Édouard Geffray a rappelé cette responsabilité particulière qui leur est confiée : Vous avez beaucoup de chance car vous avez la main sur le pilotage d’un service public qui est au cœur des mutations
. Un message qui a fait écho à l’ambition du séminaire : donner aux Dasen des espaces de réflexion, d’échanges et de projection pour accompagner les transformations éducatives à venir.


