Maîtrise des risques dans l’enseignement supérieur et la recherche : les cadres formés à l’IH2EF

Publié le 01 juin 2026

Après un webinaire inaugural organisé fin avril, l’IH2EF et l’Agence de mutualisation des universités et établissements (Amue) ont réuni en mai, à l’Institut, les premiers participants du nouveau cycle triennal de formations consacré à l’évaluation et la maîtrise des risques dans l’enseignement supérieur, la recherche et l’espace (ESRE). Directions générales des services, directions de cabinet, responsables juridiques, directions du numérique, des ressources humaines, des achats ou encore directions d’UFR et de composantes ont partagé un même objectif : développer une culture commune du pilotage stratégique, de l’anticipation et de la résilience des établissements. 

Une dynamique collective au service de la gouvernance des établissements 

Dans un environnement marqué par les profondes transformations de la gouvernance universitaire, les enjeux liés à la cybersécurité, à la continuité d’activité, à la gestion des données, aux tensions organisationnelles ou encore aux risques réputationnels, occupent désormais une place centrale dans le pilotage des établissements. Avec une autonomie renforcée en matière budgétaire, de ressources humaines et de stratégie, les universités doivent aujourd’hui prendre des décisions toujours plus complexes, tout en conciliant performance, responsabilité et missions de service public. Le rôle des équipes de direction s’en trouve renforcé autour d’une exigence accrue de sécurisation des décisions. 

C’est dans ce contexte qu’est né ce cycle triennal de formation 2025-2028 des cadres de l’ESR, pensé conjointement par l’IH2EF, l’Amue, les directions ministérielles, l’Inspection générale, France Universités et les associations professionnelles métiers de l’ESRE. Organisé autour d’un fil rouge structurant, il place l’évaluation et la maîtrise des risques au cœur de la professionnalisation des cadres de l’enseignement supérieur et de la recherche. 

Les premiers rassemblements en présentiel ont ainsi réuni plusieurs communautés professionnelles : responsables des affaires juridiques, directions des systèmes d’information et du numérique, directions des achats, directions des ressources humaines, directrices et directeurs de cabinet, directions générales des services (DGS), directions générales adjointes des services (DGSA), ainsi que les directions d’UFR et de composantes.

Conférences, ateliers collaboratifs, études de cas et retours d’expérience ont rythmé ces premières sessions autour d’une ambition commune : faire de la maîtrise des risques un véritable levier stratégique de gouvernance et de transformation des organisations publiques.

Un webinaire inaugural pour poser les enjeux 

Ce cycle avait débuté le 29 avril par un webinaire introductif intitulé "Maîtriser les risques : repères, responsabilités, collaborations". Cette séquence a permis de poser les grands jalons stratégiques du dispositif et de rappeler l’évolution des menaces auxquelles les établissements de l’ESR sont aujourd’hui confrontés. 

Parmi les intervenants, Christophe Peyrel, haut fonctionnaire adjoint de défense et de sécurité, chef du service de défense et de sécurité au secrétariat général des ministères chargés de l’éducation nationale, de l’enseignement supérieur, de la recherche et de l’espace, et de la Jeunesse, des Sports et de la Vie associative, a rappelé l’ampleur des enjeux : Avec un important volume d’étudiants, de personnels, des données de recherche sensibles, l’enseignement supérieur et la recherche traitent aussi de sujets pouvant conduire à des débats idéologiques : autant de facteurs de ‘vulnérabilité’ qui nous mettent face à de nombreuses menaces. Parmi elles, les vols et divulgations de données, les tentatives d’intrusion, ou encore les ingérences étrangères : Le nombre d’incidents recensés en 2026 est stable par rapport à 2025, mais d’une gravité croissante, précise-t-il. 

Il a également souligné plusieurs priorités pour les établissements de l’ESRE : sensibiliser les gouvernances aux enjeux de sécurité numérique, intégrer ces questions dans les projets de transformation et développer une véritable culture de la résilience collective en capitalisant sur la formation. 

Développer une culture partagée du risque 

Les premières sessions en présentiel ont particulièrement mis en lumière l’importance des approches intermétiers. Plusieurs séquences communes ont notamment réuni directions de cabinet, DGS, DGSA et directions du numérique autour des enjeux de cybersécurité et de prévention des crises. 

Les échanges ont permis de rappeler qu’une cyberattaque ne constitue pas uniquement une crise technique, mais bien une crise globale de l’établissement, avec des incidences sur la gouvernance, les ressources humaines, les finances, la communication, la recherche ou encore la pédagogie. 

Les participants ont travaillé sur l’anticipation des scénarios de crise, l’articulation entre les acteurs, les dispositifs de continuité d’activité et les capacités de coordination en situation dégradée. Derrière ces travaux, un objectif partagé : renforcer des équipes capables d’agir avec lucidité, réactivité et cohérence dans des environnements de plus en plus incertains. 

Sécuriser l’action publique et piloter durablement 

Construit autour d’un axe transversal commun, ce cycle triennal de formations 2025-2028 accompagne les cadres de l’enseignement supérieur et de la recherche dans le développement d’une culture commune de la gouvernance, de la responsabilité et du pilotage stratégique. Il s’adresse aux directrices et directeurs désireux de s’inscrire dans cette dynamique, au service du projet d’établissement et des priorités nationales. Chaque parcours, construit dans une logique de progressivité, est composé de trois formations qui peuvent également être suivies indépendamment à la demande de chaque inscrit et selon ses attentes particulières. 

Les parcours sont rassemblés au sein d’un catalogue accessible à tous les cadres de l’ESRE : les inscriptions aux formations 2026-2027 ouvriront prochainement.