Lutte contre le décrochage scolaire

Mis à jour le 16 octobre 2019

La lutte contre l'abandon scolaire doit être une préoccupation majeure pour les équipes éducatives qui exercent parfois dans des établissements fortement exposés à ce problème.
Les chefs d'établissement ont d'ailleurs la responsabilité de diriger les élèves quittant le système éducatif sans diplôme vers la mission de lutte contre le décrochage scolaire (MLDS), dans l'année suivant leur sortie, ou pendant la scolarité (en cas de rupture ou d'échec aux examens) et ils doivent suivre le devenir des élèves qui ne sont retrouvés dans aucune des bases des établissements de formation (apprentissage, supérieur, privé, agriculture, etc.).
Dans ce cadre-là, il est utile de pouvoir mesurer et analyser le phénomène pour y apporter les réponses adaptées, qui peuvent varier fortement selon le contexte.

La fiche du Film annuel

La MLDS est un partenaire incontournable des chefs d'établissement afin de :

  • réduire voire éviter, par des actions de prévention, le nombre de sorties sans diplôme ;
  • prendre en charge les élèves décrocheurs de plus de 16 ans en vue d'une re-scolarisation et/ou d'une qualification reconnue, pour une insertion sociale et professionnelle durable en partenariat avec les plates-formes de suivi et d'appui aux décrocheurs (PSAD), avec l'aide des responsables des (PSAD), prendre en charge les élèves décrocheurs de plus de 16 ans en vue d'une rescolarisation.

La MLDS a un rôle de conseil, d'expertise et d'ingénierie de formation, mais ce sont les établissements qui se chargent de la mise en œuvre des actions.

Repérer - prévenir : une veille attentive et permanente

Le repérage est effectué par tous les membres de la communauté éducative. Il s'agit de relever les phénomènes d'absentéisme avéré mais aussi perlé et tout autre indicateur qui laisse entrevoir une perte de lien avec l'établissement.
Les élèves en fragilité sont alors signalés au Groupe de Prévention du Décrochage Scolaire (GPDS)
.
Ce dispositif est piloté par le chef d'établissement ou le référent "décrochage scolaire" nommé par lui. Chaque jeune repéré doit bénéficier d'un entretien de situation. La périodicité des rencontres, la composition du groupe reflètent la problématique de chaque EPLE ou réseau d'établissements en matière de décrochage.
Les réunions du GPDS permettent :

  • d'analyser collectivement les problématiques des élèves ;
  • d'émettre des propositions d'actions dans les champs pédagogique ;
  • de poser un diagnostic global sur la situation personnel de l'élève en intégrant des évènements relatifs à son contexte de vie ;
  • d'envisager une poursuite de formation sous des formes patentées ou dans d'autres structures.

Les actions du GPDS gagnent toujours à être coordonnées avec celles des dispositifs locaux d'insertion de la zone géographique, et notamment avec :

  • les permanences d'accueil, d'information et d'orientation (PAIO) ;
  • les missions locales ou les lissions de lutte contre le décrochage scolaire (MLDS) ;
  • les réseaux "Formation Qualification Emploi" (FOQUALE) ;
  • les CIO et les psychologues de l'éducation nationale (Psy-EN).

Les actions du comité d'éducation à la santé et à la citoyenneté (CESC) peuvent contribuer à limiter les risques de décrochages.
Les actions gagnent toujours à être coordonnées avec celles des dispositifs locaux d'insertion de la zone géographique, notamment les permanences d'accueil, d'information et d'orientation (PAIO), les missions locales ou les lissions de lutte contre le décrochage scolaire (MLDS) et les réseaux "Formation Qualification Emploi" (FOQUALE).

Composition de l'équipe

  • Un personnel de direction, pilote du dispositif ;
  • un(e) conseiller(e) principal(e) d'éducation (CPE) ;
  • l'infirmier(ère) et/ou le médecin scolaire ;
  • le ou la psychologue de l'éducation nationale (PsyEN) ;
  • l'assistant(e) de service social en faveur des élèves ;
  • un ou plusieurs professeurs ;
  • ponctuellement, d'autres personnels institutionnels : l'adjoint gestionnaire, des personnels administratifs, techniques, sociaux et de santé (ATSS), etc.

Peuvent parfois être invités les éducateurs, les acteurs des dispositifs de réussite éducative, les assistants sociaux de secteur, les acteurs du monde économique, etc.

Ce dispositif est inscrit dans le  projet d'établissement.

Dans certains établissements, un référent "décrochage scolaire" est désigné pour animer le groupe de prévention du décrochage scolaire dans le cadre des réseaux FOQUALE. Cette responsabilité fait l'objet d'une lettre de mission et de l'attribution d'une indemnité de mission particulière (IMP).

Modalités d'action
  • Analyser les problématiques individuelles des élèves : cerner la nature des difficultés rencontrées et les croiser avec les indicateurs ;
  • apporter une aide rapide et personnalisée : rechercher des solutions ;
  • coordonner les actions : une personne ressource organise, diffuse et restitue l'information aux équipes pédagogiques, aux familles ou autres partenaires. Des outils spécifiques permettent de conserver une trace écrite des décisions et actions mises en œuvre pour chaque élève signalé ;
  • coordonner le suivi des élèves ;
  • identifier toute absence en cours d'année, élaborer un bilan annuel afin d'évaluer les différentes actions mises en place ;
  • signaler systématiquement à la MLDS un élève sans affectation en fin d'année.
Principes déontologiques

Le groupe respecte les règles de confidentialité et la protection de la vie privée.

c) Modalités d'organisation

Après avoir établi une périodicité des réunions, chacune d'entre elles s'organise selon un travail préparatoire, des analyses de situations et de pistes en fonction des besoins de chaque élève.

Comptes rendus de l'activité
  • Suivi des décrocheurs dans le Système interministériel d'échange d'informations (SIEI), inclus dans l'application SIECLE. Mettre un point après "SIECLE". Ce système interministériel permet de repérer les jeunes potentiellement décrocheurs afin d'alimenter une plateforme de suivi et d'appui aux décrocheurs (PSAD). Ces dernières, pilotées par un directeur de CIO, couvrent un territoire limité et facilitent le travail partenarial des acteurs de la formation ;
  • établissement du rapport d'information sur l'absentéisme scolaire au conseil d'administration (rendu obligatoire par l'article 6 de la loi n° 2010-1127 du 28 septembre 2010) ;
  • élaboration du rapport d'activité rassemblant les éléments d'évaluation (indicateurs quantitatifs et qualitatifs) des effets attendus du GPDS, ses actions et ses résultats.

 Accueillir - remobiliser : agir quand le décrochage n'a pu être évité

Lorsque le jeune quitte l'établissement, le motif de sortie doit être saisi dans l'application Siècle Décrochage (cf. 8 fiches pratiques mises à jour en septembre 2014, site de l'académie d'Amiens). Pour faciliter l'échange d'informations avec le responsable de la plate-forme PSAD, chaque chef d'établissement met à jour le portail ARENA, en cliquant sur le lien "Suivi des élèves", puis "Décrochage scolaire", et remplit la fiche navette.

La liaison avec le CIO est réalisée grâce à la fiche de signalement. Le dispositif d'accueil et d'accompagnement relève de la compétence du CIO dont le rôle est essentiel. Il doit maintenant travailler en liaison avec le réseau FOQUALE. Ces réseaux FOrmation QUALification Emploi (pdf 900 Ko) créés dans chaque bassin d'éducation et de formation, recensent, coordonnent, mutualisent et développent des structures adaptées à la remobilisation scolaire des élèves. En appui, des référents "décrochage scolaire" sont nommés dans les établissements scolaires du second degré à fort taux d'absentéisme et de décrochage. Cette mission, devenue prioritaire, donne lieu, dans ces établissements, au versement d'une indemnité pour mission particulière (IMP).

Leur action conjointe permet à l'éducation nationale de proposer une réponse adaptée à chaque jeune.

Consulter les documents publiés par l'ONISEP concernant le réseau FOQUALE de l'académie de Dijon.

Former - qualifier : accueillir les élèves qui ont décroché

Il existe deux catégories d'actions implantées dans les établissements (en collaboration avec eux), sur décision de la MLDS :

  • les actions préparant à l'entrée en formation qualifiante, dont font partie les actions de remobilisation. Cette catégorie d'actions comporte trois composantes, que le jeune peut combiner à travers un parcours relais en lycée professionnel :
    • remise à niveau systématique des connaissances (consolidation du socle commun) ;
    • préparation active de l'orientation ;
    • découverte du milieu professionnel ;
    • droit au retour en formation initiale pour les 16-25 ans : durée complémentaire de formation qualifiante et formation des sortants sans qualification professionnelle ;
  • les actions d'accès à la qualification afin de préparer tout ou partie d'un examen (dont font partie les actions d'accompagnement vers l'emploi).

Ces actions sont déployées en fonction des besoins, au travers de dispositifs forcément variés, puisqu'ils doivent s'adapter au profil des élèves à "raccrocher":

  • des Modules de Repréparation à l'Examen par l'Alternance (MOREA) ;
  • des Itinéraires d'Accès à la Qualification et au diplôme (ITAQ) ;
  • des Formations Complémentaires d'Initiative Locale (FCIL) ;
  • des Modules d'Accueil en Lycée (MODAL) ;
  • des Formations Professionnelles Aménagées (FPA) ;
  • des Actions d'Accueil et de Remobilisation "Compétence+" (ARR "Compétence+") ;
  • des Structures de Retour à l'École (SRE) dont font partie les micro-lycées ;
  • des Parcours aménagé de formation initiale (PAFI) (pdf 140 Ko), etc.


Consulter le dossier "Un plan régional pour raccrocher les jeunes en Rhône-Alpes "publié par le centre A. Savary (IFE).

Ces deux catégories d'actions ont des dénominations variables (consulter une présentation synthétique ainsi que la signification de quelques-uns de ces sigles sur le site de l'académie de La Réunion).

Quelques exemples académiques :

Textes officiels

Textes officiels en vigueur le 16 octobre 2019

Code de l'éducation

  • Article L122-2 (droit à une formation qualifiante) : en vigueur à partir du 2 septembre 2020 (il est possible de choisir les versions antérieures du texte dans la marge à gauche sur le site de Légifrance) ;
  • article L131-8 (obligation scolaire - défaut d'assiduité) ;
  • article L313-7 (obligation de transmission des coordonnées des jeunes qui ne sont plus inscrits dans un cycle de formation) ;
  • article L313-8 (service public de l'orientation tout au long de la vie, entretien de réorientation des jeunes sortis sans diplôme) : en vigueur à partir du 1er septembre 2020 (il est possible de choisir les versions antérieures du texte dans la marge à gauche sur le site de Légifrance) ;
  • articles D122-3-1 à D122-3-8 (mission de formation des sortants du système éducatif).
  • articles D311-11 à 13 (l'accompagnement pédagogique des élèves) ;
  • article D313-59 (niveau de qualification) ;
  • article D331-42 (droit à une nouvelle inscription dans l'établissement dont est issu un élève ayant échoué à l'examen du baccalauréat, du brevet de technicien, du brevet de technicien supérieur ou du certificat d'aptitude professionnelle).

Code du travail

  • Article L5314-2 (missions locales pour l'insertion professionnelle et sociale des jeunes) : en vigueur à partir du 1er septembre 2020 (il est possible de choisir les versions antérieures du texte dans la marge à gauche sur le site de Légifrance).

Autres textes

Pour aller plus loin

  • des exemples de lutte contre le décrochage scolaire sur le site de la région Bretagne sous forme de carte heuristique. D'autres ressources sont disponibles sur le portail dédié au décrochage :

Ouverture sur l'international

Boîte à outils

Module d'autoformation

 

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