Héloïse Giordano est cheffe du bureau des diplômes de l’enseignement technique au ministère de l’Agriculture, de l’Agro-alimentaire et de la Souveraineté Alimentaire. Auditrice du Cycle de l’IH2EF, elle analyse cette 5e session de travail, qui marque un tournant dans les réflexions du groupe et dans son cheminement vers le rapport d’étonnement.
IH2EF : Qu’est-ce qui vous a motivé à rejoindre le Cycle des hautes études de l’éducation et de la formation ?
Héloïse Giordano : Déjà expérimentée dans le champ de la certification professionnelle, j’ai souhaité rejoindre le Cycle de l’IH2EF pour élargir mes horizons professionnels et approfondir ma compréhension des liens entre travail, compétences et formation. Mon objectif est d’en appréhender toutes les dimensions et tous les prismes, notamment au regard des évolutions démographiques, technologiques, numériques et éthiques, ainsi que leur traduction concrète dans des dispositifs de formation techniques et supérieurs.
IH2EF : Quel a été l’élément le plus marquant de cette session centrée sur une approche européenne de votre sujet ?
Héloïse Giordano : Lors de la session, l’intervention de Glenda Quinitini, cheffe de division emploi à l’OCDE, a particulièrement retenu mon attention. Elle met en évidence le rôle central de la formation continue comme levier d’adaptation, notamment pour l’enseignement supérieur, face aux transformations technologiques, à l’automatisation et à la numérisation des emplois. Elle souligne toutefois son accès inégal, profitant davantage aux publics qualifiés, ce qui accentue les inégalités et impose de penser les systèmes de formation en lien étroit avec les besoins réels du travail afin de sécuriser les parcours professionnels.
IH2EF : Quelles réflexions personnelles cette session a-t-elle fait émerger ?
Héloïse Giordano : Cette session m’a surtout permis de réinterroger le rôle et le poids de la formation continue dans une perspective qui dépasse largement le cadre français. Malgré une baisse démographique annoncée, les besoins en formation resteront élevés à l’échelle européenne et internationale, et appellent davantage de souplesse et d’adaptation. Cela conduit à repenser la question du temps, souvent contraint, à développer des formats plus hybrides, et, plus largement, à faire évoluer la construction des diplômes et le recours aux micro-certifications pour transformer de manière efficiente l’offre de formation.
IH2EF : Vous voici à mi-parcours : comment progressent les réflexions du groupe pour tendre vers le rapport d’étonnement ?
Héloïse Giordano : Cette cinquième session du Cycle marque une bascule. Ce colloque européen, par la comparaison internationale des systèmes éducatifs autour de l’articulation entre savoirs et compétences, dessine un horizon commun et trace une ligne directrice pour la réflexion et les travaux du rapport.
Émergent ainsi des thématiques fortes : gouvernance, dialogue entre univers professionnels et scolaires, finalités de l’école, accompagnement des acteurs et difficulté à construire une culture commune, notamment autour de la notion de compétences.

IH2EF : Un mot pour résumer la session ?
Héloïse Giordano : Cette session consacre la notion de parcours : apprendre à l’école et hors l’école, dans le temps long, en articulant éducation formelle, non formelle et accompagnement.
L’ouverture européenne offerte par cette session a permis, notamment, une mise à distance des cadres nationaux et la confrontation de points de vue inédits, jamais approchés lors des travaux en académies. Cette prise de hauteur, synonyme de tournant, bénéficiera à l’élaboration du rapport d’étonnement, appelé à formuler des recommandations pour faire évoluer le système éducatif et de formation.



