Audrey Leininger : On peut être leader sans assumer de responsabilité. C'est un guide sans boussole. On peut aussi avoir des responsabilités sans être leader. C'est une voiture sans moteur. Dans les deux cas, on n'avance pas. Je suis Audrey Leininger, IA-IPR établissement et vie scolaire dans l'académie de Reims. Également, je suis docteur en sciences de gestion associé au laboratoire CEREFIGE de l'université de Lorraine. Aujourd'hui, je vais vous parler d'un tandem essentiel, leadership et responsabilité. Le leadership, c'est le processus par lequel un individu exerce une influence sur un collectif pour atteindre un but commun. Il est issu notamment des sciences de gestion. Il a longtemps été étudié dans le monde, dans l'entreprise, avant que les chercheurs ne s'y intéressent dans le domaine de l'éducation. Dans les écoles, les établissements scolaires, il peut être exercé par une chef d'établissement, un directeur d'école, une inspectrice, un enseignant, une CPE, etc. En fait, c'est inspirer, fédérer, donner une vision, créer l'élan. Être leader, c'est conjuguer en fait trois aptitudes. Première aptitude autour de la culture de résultats et de performances : viser des objectifs clairs, suivre des indicateurs, mais aussi valoriser et soutenir les personnels et suivre des projets. Une deuxième aptitude autour de la culture d'établissement : créer de la cohésion et un langage commun. Et enfin, une troisième et dernière aptitude autour de la culture du changement : stimuler, encourager l'expression et l'action.
La responsabilité, elle, c'est l'ancrage du leadership. C'est décider, rendre compte, mesurer les conséquences de ses choix. Elle garantit l'éthique et la durabilité de l'action.
Dans nos organisations, leadership et responsabilité se nourrissent mutuellement. Tout d'abord, le leadership favorise la prise de responsabilité en dépassant certains freins, tels que la peur de la critique, de l'échec ou du risque. Il crée un climat de sécurité psychologique. Par exemple, un chef d'établissement peut donner à son équipe la capacité d'agir en valorisant le droit à l'erreur et en accompagnant les initiatives. Inversement, la responsabilité permet et donne au leadership sa légitimité et sa force. Prenons un exemple : un coordonnateur "Devoirs faits" qui fédère enseignants et volontaires, qui articule son action avec d'autres dispositifs au service des élèves, et bien il exerce un leadership. Mais c'est parce qu'il assume cette responsabilité que son action devient une influence durable. Finalement, le leadership ne se réduit pas à une position hiérarchique. C'est un état d'esprit. Inspirer, assumer, agir ensemble. Et c'est l'union du leadership et de la responsabilité qui permet d'avancer, vraiment. Parce qu'une boussole sans guide ne mène nulle part. Et qu'un moteur sans conducteur reste immobile. Alors, comment renforcer dans nos écoles, nos établissements scolaires, comment renforcer cette articulation entre leadership et responsabilité pour transformer durablement notre système éducatif au service de la réussite des élèves ?



