Prévention et lutte contre le décrochage scolaire

Mis à jour le 06 octobre 2022

Le décrochage scolaire est un processus qui conduit chaque année des jeunes à quitter le système de formation initiale sans avoir obtenu une qualification. Prévenir le décrochage et lutter contre l'abandon scolaire doit être une préoccupation majeure pour les équipes éducatives qui exercent parfois dans des établissements fortement exposés à ces problématiques.
Les chefs d'établissement ont la responsabilité de piloter le groupe de prévention du décrochage scolaire (GPDS), de travailler en réseau avec les acteurs dans le cadre du réseau formation qualification emploi (FOQUALE) et, le cas échéant, de diriger les élèves quittant le système éducatif sans diplôme vers la mission de lutte contre le décrochage scolaire (MLDS).
Ils sont d'ailleurs responsables du suivi du devenir des élèves sur l'année N+1 lorsque ceux-ci ne sont répertoriés dans aucune base des établissements de formation.

 

La fiche du Film annuel

Le groupe de prévention du décrochage scolaire (GPDS)

L’établissement constitue le premier niveau de repérage des signes avant-coureurs du risque d’abandon scolaire. C’est là que se situe les premières actions de prévention.

Composition

Ce groupe de travail, interne à l’établissement, réunit généralement :

  • le chef d’établissement et/ou le chef d’établissement adjoint ;
  • le référent décrochage scolaire (RDS) ;
  • un conseiller principal d’éducation (CPE) ;
  • l’infirmier scolaire ;
  • le psychologue de l’éducation nationale (PsyEN) ;
  • l’assistant de service social en faveur des élèves ;
  • un ou plusieurs enseignants.

D’autres personnels et partenaires locaux et institutionnels peuvent également être conviés ponctuellement au GPDS : le médecin scolaire, les acteurs des dispositifs de réussite éducative, l’adjoint gestionnaire, etc.

Repérage et prévention du décrochage

Le repérage ne peut être réalisé que si l’établissement a mis en place des indicateurs pertinents à son niveau : nombre d’absences, de retards, évitement face au travail, ou tout comportement annonciateur de difficulté. Ces indicateurs doivent faire l’objet d’une attention et d’un suivi de toute la communauté scolaire.
Chaque jeune repéré doit pouvoir bénéficier d’un accompagnement personnalisé.
Le fonctionnement et les actions du GPDS gagnent toujours à être coordonnés avec les dispositifs et les partenaires locaux d’insertion de la zone géographique et notamment :

Modalités d’action

Le fonctionnement du GPDS (composition et calendrier des réunions) répond aux besoins spécifiques de l’établissement.
Après avoir identifié les situations des élèves en voie de décrochage, les principaux objectifs du GPDS sont :

  • l’analyse des problématiques individuelles des élèves, au regard des difficultés rencontrées croisées avec les indicateurs de l’EPLE ;
  • la proposition d’un aide rapide, circonscrite dans le temps et personnalisée ;
  • la coordination des actions à mettre en place : cette mission fait partie des attributions du RDS ;
  • la proposition, le cas échéant, d’une poursuite de formation ;
  • le signalement systématique à la MLDS des abandons de scolarité sans formation (en cours ou en fin d’année).

Toutes les informations conservées et diffusées dans le cadre du GPDS doivent répondre aux exigences du règlement général pour la protection des données (RGPD).

Restitution des actions

  • Dans l’établissement :
    • un rapport d’information sur l’absentéisme scolaire est proposé au conseil d’administration (cf. Article 6 de la loi n°2010-1127 du 28 septembre 2010) ;
    • un rapport d’activité est élaboré avec les éléments d’évaluation (indicateurs quantitatifs et qualitatifs) des effets attendus du GPDS, ses actions et ses résultats.
  • Au niveau local et académique :
    • déclaration du risque de décrochage dans le module “suivi des décrocheurs” du système interministériel d’échange d’informations (SIEI), dans l’application SIECLE. Le SIEI permet de repérer les jeunes potentiellement décrocheurs afin d’alimenter une plateforme de suivi et d’appui aux décrocheurs (PSAD).
    • renseignement du motif de sortie lorsque l’élève quitte l’établissement dans l’application SIECLE Décrochage (portail intranet académique). La prise en charge est alors effectuée par les PSAD, en lien avec les missions locales, les groupements d’établissements (GRETA), les CIO, etc. La prise en charge est systématique, depuis la loi du 26 juillet 2019 sur l’obligation de formation jusqu’à 18 ans.

 

 

La mission de lutte contre le décrochage scolaire (MLDS)

La MLDS est un partenaire incontournable des chefs d'établissement. Elle agit dans un double objectif :

  • réduire, voire éviter, par des actions de prévention, le nombre de sorties sans diplôme ;
  • prendre en charge les élèves décrocheurs quand la rupture n’a pu être évitée.

Elle joue un rôle de conseil, d'expertise et d'ingénierie de formation, mais ce sont les établissements qui se chargent de la mise en œuvre des actions.

Accueillir et remobiliser les élèves qui ont décroché

Cet accueil et cette remobilisation sont effectués par le CIO grâce à la fiche de signalement.
La prise en charge des élèves est ensuite effectuée dans le cadre du réseau FOQUALE.
Ces réseaux créés dans chaque bassin d'éducation et de formation, recensent, coordonnent, mutualisent et développent des structures adaptées à la remobilisation scolaire des élèves.
Ces dispositifs d'actions comportent quatre composantes que le jeune peut combiner à travers un parcours relais en lycée professionnel :  

  • remise à niveau des connaissances (consolidation du socle commun) ;
  • accompagnement individualisé et concret du parcours d'orientation ;
  • découverte du milieu professionnel ;
  • droit au retour en formation pour tous les jeunes sortis du système éducatif sans diplôme ni niveau suffisant de qualification.

Former et qualifier les élèves ayant quitté le système sans diplôme

Les actions d'accès à la qualification visent à préparer tout ou partie d'un examen (dont font partie les actions d'accompagnement vers l'emploi).
Ces actions sont déployées en fonction des besoins, au travers de dispositifs adaptés à la multiplicité des profils des élèves. Il s'agit des :

  • modules de re-préparation à l'examen par l'alternance (MOREA) ;
  • itinéraires d'accès à la qualification et au diplôme (ITAQ) ;
  • formations complémentaires d'initiative locale (FCIL) ;
  • modules d'accueil en lycée (MODAL) ;
  • formations professionnelles aménagées (FPA) ;
  • actions d'accueil et de remobilisation "Compétence+" (ARR "Compétence+") ;
  • structures de retour à l'école (SRE) dont font partie les micro-lycées ;
  • Parcours aménagé de formation initiale (PAFI), etc.

Textes officiels

Textes officiels en vigueur le 10 octobre 2022

Code de l'éducation

  • Article L114-1 (obligation de formation des jeunes de 16 à 18 ans) ;
  • article L122-2 (droit à une formation qualifiante) ;
  • articles 131-1 et suivants (relatifs à l'obligation scolaire quelle qu'en soit la forme) ;

  • article L131-8 (obligation scolaire - défaut d'assiduité) ;

  • article L313-7 à 8 (obligation de transmission des coordonnées des jeunes qui ne sont plus inscrits dans un cycle de formation - service public de l'orientation tout au long de la vie - entretien de réorientation des jeunes sortis sans diplôme) ;
  • articles R114-1 à 7 (dispositions relatives à l'obligation de formation) ;
  • articles D122-3-1 à D122-3-8 (mission de formation des sortants du système éducatif) ;
  • articles D311-11 à 13 (l'accompagnement pédagogique des élèves) ;
  • article D313-59 (niveau de qualification) ;
  • article D331-42 (droit à une nouvelle inscription dans l'établissement dont est issu un élève ayant échoué à l'examen du baccalauréat, du brevet de technicien, du brevet de technicien supérieur ou du certificat d'aptitude professionnelle).

Code du travail

  • Article L5314-2 (missions locales pour l'insertion professionnelle et sociale des jeunes).

Autres textes

Pour aller plus loin

Boîte à outils

Module d'autoformation

 

 

accueil du Film annuel