Schémas directeurs DD&RSE : retour sur les Journées d’étude 2025 en faveur d’une université écologiquement et socialement responsable

Publié le 13 janvier 2026

Du 26 au 28 novembre 2025, l’IH2EF et l’Agence de mutualisation des universités et établissements d'enseignement supérieur ou de recherche (Amue) ont organisé, pour la troisième année consécutive, les Journées d’étude consacrées aux schémas directeurs "Développement durable et responsabilité sociétale et environnementale" (DD&RSE). Inscrites dans la dynamique du Plan climat-biodiversité et transition écologique, ces rencontres ont réuni à l’Institut une centaine de cadres de l’enseignement supérieur et de la recherche. L’objectif : renforcer la mise en œuvre opérationnelle des stratégies DD&RSE au sein des établissements. 

Un séminaire inter-métiers au cœur des politiques publiques de transition

Portées par l’Amue et l’IH2EF, sous l’égide du haut fonctionnaire au développement durable du ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Espace, et avec la collaboration de France Universités, de la Conférence des directeurs des écoles françaises d’ingénieurs (CDEFI), de la Conférence des grandes écoles (CGE), de l’association VP-Trees et du collectif CIRSES, ces Journées d’étude se sont imposées, depuis trois ans, comme un temps fort inter-métiers pour accompagner les établissements de l’ESR dans la structuration et le déploiement de leurs politiques de développement durable et de transition environnementale, comme en témoignent les événements passés organisés par l’IH2EF et ses partenaires.

L’ambition est claire : créer un espace d’analyse stratégique, de partage d’expériences et de co-construction afin d’inscrire l’action collective et individuelle des cadres dans une trajectoire cohérente, ambitieuse et soutenable.

Autonomie, responsabilité et attention portée aux collectifs

En ouverture, Sylvain Bégué, directeur par intérim* de l’IH2EF, a rappelé que "les schémas directeurs DD&RSE constituent un travail prospectif qui repose sur l’exercice de l’autonomie et la responsabilité des établissements et de leurs cadres". Il a également insisté sur la dimension humaine de la transformation écologique ainsi engagée, invitant les participants à conjuguer projection stratégique et attention portée aux collectifs (personnels et étudiants), dans une logique de "care" et de prise en compte des réalités des établissements.

À ses côtés, Simon Larger, directeur de l’Amue, a rappelé l’enjeu actuel : celui d’un déploiement à grande échelle. Cette mise en action implique de disposer d’outils opérationnels, de référentiels partagés et de compétences idoines, construits collectivement à partir des expériences de terrain.

État des lieux et dynamiques à l’œuvre dans l’ESR

La table ronde introductive a dressé un panorama de la mise en œuvre des schémas directeurs dans l’enseignement supérieur. "Environ 80 % des établissements se sont dotés d’un schéma directeur et sont aujourd’hui majoritairement engagés dans une phase de déploiement", a indiqué Mathias Bernard, président de la commission Transitions écologique et sociétale de France Universités et président de l’Université Clermont Auvergne. Quatre priorités structurantes se dégagent :

  • le pilotage par les objectifs et les indicateurs ;
  • l’articulation entre formation, recherche et enjeux de développement durable ;
  • la formation des personnels pour accompagner le changement ;
  • la mobilisation des moyens humains et financiers.

Lionel Torres, président de la commission Transition écologique et sociétale de la CDEFI et directeur de Polytech Montpellier, a souligné le rôle central de la formation des ingénieurs, appelés à devenir des acteurs majeurs des transformations à venir. Les travaux conduits au sein de la conférence visent notamment à renforcer l’intégration des compétences liées au développement durable dans les formations, tout en valorisant et en évaluant les initiatives portées par les personnels et les étudiants, afin de "passer d’une logique de conception à l’action, et à la mesure".

Frédéric Fotiadu, vice-président en charge du développement durable et de la responsabilité sociétale de la Conférence des grandes écoles et directeur de l’INSA Lyon, a rappelé que "les trois quarts des écoles sont aujourd’hui dotées d’un schéma directeur et le perçoivent comme un outil utile pour structurer l’action collective". La phase actuelle de mise en œuvre appelle désormais une coordination renforcée entre établissements, notamment sur des enjeux partagés.

"Nous voir tous réunis ici me rassure"

Ces constats trouvent un écho direct dans la parole du ministère, portée par Benoît Laignel. "Dans un contexte international défavorable au développement durable, les engagements de la France et ses partenaires en matière de transition écologique demeurent et doivent s’imposer dans tous les territoires, tous les ministères. Nous voir tous réunis ici, ressentir la dynamique qui nous anime me rassurent."

Haut fonctionnaire au développement durable du ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, Benoît Laignel a salué une "belle réussite collective" avec près de 80 % de schémas déposés, tout en soulignant la nécessité d’accompagner les établissements à la fois sur la cohérence stratégique et sur la mise en œuvre effective. Il a insisté sur l’importance des retours d’expérience et des échanges entre pairs pour lever les difficultés et renforcer les leviers d’action.

Des ateliers pour ancrer les stratégies dans le réel

Dans la continuité de l’édition 2024, ces Journées ont accordé une place centrale aux ateliers collaboratifs. Retours d’expérience croisés entre participants et intervenants, identification des enjeux et des axes de réussite, ateliers d’idéation orientés vers l’action : autant de formats qui ont permis d’entrer dans le concret et d’outiller l’accompagnement du changement au sein des établissements.

En réunissant cadres dirigeants, acteurs institutionnels et experts, l’IH2EF s’affirme comme un lieu-ressource national au service des établissements de l’enseignement supérieur et de la recherche, pour accompagner la conduite de transitions écologiques et sociétales complexes. En cohérence avec ses missions, il outille les cadres, favorise le partage d’expériences et soutient la transformation des stratégies en actions durables et partagées. 

 

* fonction exercée au moment de l’évènement