Une nouvelle forme d’engagement
"Je suis devenue personnel de direction pour être au service des élèves et garantir leur émancipation par les savoirs, à un niveau bien plus impactant qu’en étant enseignante." Ancienne professeure documentaliste, Bérengère a choisi de s’engager dans cette fonction afin d’agir à une autre échelle, avec une capacité de pilotage élargie. Un changement qui se traduit par la volonté de dépasser l’accompagnement pédagogique individuel pour structurer et fédérer un collectif qui englobe les équipes de l’établissement, les élèves et leurs familles, les partenaires associatifs et institutionnels. Cette responsabilité prend une résonance particulière, "l’établissement scolaire est souvent le dernier service public qui perdure dans une commune" note-t-elle avec lucidité, elle qui exerce au cœur d’un territoire rural.

Le défi du métier, analyse Bérengère, réside dans la gestion de ce large système, qui dépasse la simple éducation. Dans cette évolution professionnelle, le changement de posture constitue un défi majeur. Dès les premiers jours, la responsabilité confiée est tangible : le devoir envers les équipes, les familles, et leurs attentes nombreuses. "On nous accorde une confiance immédiate et on souhaite être à la hauteur", confie-t-elle.
Des valeurs avant tout
Face à ce changement, Bérengère rappelle l’importance des valeurs qui l’ont menée à emprunter cette voie professionnelle. L’éducabilité et l’émancipation par les savoirs demeurent au cœur de son engagement. "Le métier n’a pas de sens si ces valeurs ne sont pas présentes" insiste-t-elle. Pour elle, les missions de personnel de direction donnent à voir une autre échelle de l’action éducative, au service de toute une communauté, tout en gardant constamment à l’esprit l’importance de l’orientation comme levier d’avenir et de la formation de citoyens éclairés, des principes qui fondent le sens même de son métier.
Pour garder le cap, Bérengère sait pouvoir compter sur un fort esprit de solidarité entre personnels de direction : "Les réunions de bassin sont des temps de formation, de partage et d’échange entre pairs, essentiels pour nourrir nos pratiques et faire vivre cette solidarité" indique Bérengère. Une dynamique qu’elle a retrouvée lors de sa formation initiale à l’IH2EF, où les temps collectifs contribuent à installer durablement un appui entre pairs, mais aussi des liens professionnels avec les personnels d’inspections.
Des repères et des outils pour construire sa pratique
La formation initiale, suivie tout au long de l’année scolaire à l’Institut, offre des rencontres intermétiers entre personnels de direction et d’inspection, indispensables pour construire une compréhension partagée des missions et renforcer la complémentarité des actions au service des élèves et des territoires : "Le temps commun avec des inspectrices et inspecteurs m’a permis de mieux comprendre leur positionnement et leurs missions, puis de mettre en place des actions et process que je n’aurais pas imaginé sans ce partage". C’est aussi l’occasion d’adopter une posture réflexive, loin des impératifs organisationnels : "Prendre le temps de faire un pas de côté permet de redonner du sens à l’action quand on est pris dans le tumulte du quotidien". Des outils méthodologiques fournis en ateliers, mais aussi l’analyse régulière de ses pratiques à l’aune des référentiels de compétences proposés par l’Institut, ont apporté à Bérengère un vrai plus, lui permettant d’inscrire son action dans une dynamique de progression concrète.
La formation délivrée par l’IH2EF a ainsi joué un rôle déterminant dans la construction de sa pratique professionnelle : "L’IH2EF est un phare qui éclaire et donne le cap, et cela dès la préparation au concours. Une fois en poste, il nous interroge sur notre pratique. On sait que des outils vont être proposés. Grâce aux ressources et bien sûr à la formation, on se sent soutenus".
Bérengère aime se rappeler une citation d’Anita Conti, océanographe ayant donné son nom à sa promotion : "L’océan est une surface opaque qui nous renvoie à notre propre ignorance". Ici, explicite-t-elle, "l’IH2EF nous ramène à notre position de stagiaire. Un monde infini de connaissances s’offre à nous".
Enfin, à celles et ceux qui envisagent de s’engager dans cette voie, Bérengère a un message : il s’agit d’un métier exigeant, mais profondément enrichissant. Pour en décrire les contours, elle évoque l’image du bambou : "profondément enraciné, adaptable au terrain, il s’élève en restant flexible. Et surtout, il est toujours très entouré et existe au milieu du collectif sans jamais lui faire de l’ombre".
Se former au-delà de la première année
La formation initiale de l’IH2EF est dispensée à tous les nouveaux personnels de direction. La première année, statutaire, favorise une prise de responsabilité rapide et l’exploration concrète du métier. Elle est prolongée par une formation continuée durant les deux années qui suivent la titularisation, afin d’approfondir certains thèmes ou perfectionner des gestes professionnels. Ce cheminement est explicité dans maquettes de la formation initiale, document de référence.





